4 juillet 2016

Floriane Davin, réalisatrice de « Punk Me » et JB Grasset, co-fondateur d’Ultranoir

Par Lise Chargé dans Actualités, Interviews, Les Acteurs

7-967-invitation-laventure-bord-du-transsiberien

Floriane Davin est une jeune réalisatrice et intervenante dans le domaine des arts et des nouvelles technologies. Ses derniers projets ont concerné la réalisation de clips institutionnels pour la plateforme participative Wweeddoo ou encore la co-réalisation du documentaire « L’amour à la plage » coproduit par la Cité des Sciences, France télévisions éducation et narrative. Floriane Davin était assistante réalisatrice de Zoé Cauwet.

Propos recueillis par Lise Chargé

Lise Chargé : Très concrètement dans un premier temps : quel a été votre rôle sur le projet Punk Me ? Comment avez-vous pris part à ce projet ?

Floriane Davin : Dans un premier temps, il s’agissait de faire le point entre l’intention de l’auteur (Jacques Denis), les envies de la réalisatrice et les attentes du diffuseur (Radio France), mais aussi l’identité visuelle instauré par Ultra Noir (le studio de développement et graphisme). Le projet, comme souvent été trop dense. Il à donc fallu trier, supprimer, éclaircir tout en gardant un contenu cohérent, intéressant, et une navigation fluide.

Une fois les choix faits, le coté plus juridique est arrivé. J’ai donc du, module par module, m’assurer du droit d’auteur auprès des maisons de disque et maisons d’édition. Mais cela devait également correspondre avec les contraintes d’intégration au développement web, notamment sur les plateformes comme youtube, daylymotion. Enfin, il s’agissait pour moi de trouver et traiter l’ensemble des archives en relation direct avec l’Ina (co-producteur également).

Puis, l’accompagnement au tournage, la figuration, le suivi de post-production jusqu’à sa sortie.

Comment s’est effectuée votre collaboration avec les auteurs ainsi que la réalisatrice Zoé Cauwet ?

Que se soit avec l’auteur ou la réalisatrice, la collaboration fut essentiellement de l’ordre de l’accompagnement. Plus de l’ordre du soutien logistique et technique avec la réalisatrice et esthétique et « juridique » avec l’auteur.

Vous avez participé au montage du webdoc, combien de temps cela a-t-il demandé ? Sur quel logiciel de montage avez-vous travaillé ?

Le montage a été fait sur Final Cut pro 7. En lui même, il a du s’étaler sur 3 semaines (bout-à- bout de la narration / déambulation, plus les bonus), il faut prendre en compte les visionnages de validation par les co-producteurs / diffuseurs (Radio France) ainsi que les contraintes d’intégration (Ultra noir). Ensuite, il y à eu trois jours d’étalonnage (Stances) et trois de mixage son (Radio France).

La mise en forme du sujet « punk » est très particulière, pourquoi avoir choisi de partir sur une sorte de « walk movie » ?
C’est une véritable métaphore du propos de l’auteur. Comme une chasse au trésor du Punk. Dans cette déambulation on est dans cette quête, du « où ». Où il est maintenant, est-ce qu’il a étè là-bas, est-ce qu’eux le sont ici, etc. ? C’est aussi quelque chose qui rejoint de très près les ambitions d’un web-documentaire. Cette forme, en effet, a l’intention de rendre actif le spectateur face à son écran avec l’interactivité. Ce type de film, toujours en mouvement, proche du plan séquence, immerge, embarque le spectateur avec lui. Il y à cette notion de déplacement dans les deux cas, voir les trois (déplacement dans l’image, déplacement dans la navigation, déplacement -de l’histoire- du punk).

Questions sur le tournage : quelle a été l’équipe de tournage pour Punk Me ? Combien de personnes ? Combien de temps a duré le tournage ? Quelles ont été les difficultés rencontrées ? Des anecdotes de tournage ?

L’équipe de tournage à été très réduite (trois personnes en général : la réalisatrice, l’ingénieur du son, et moi-même l’assistante). Dans un premier temps, parce que la réalisatrice a souhaité travailler avec une caméra très légère pour l’accompagner dans sa déambulation. Donc, pas besoin de « gros bras ». Le son étant très important dans ce projet, nous étions accompagné d’un preneur de son (apporté par Radio France). Assez fractionné, les tournages ont été ponctuels sur une période de trois semaines. Véritablement pris dans le réel, les scènes de poursuites se sont inscrites au cours d’évènements déjà programmés, il ne suffisait plus que les personnalités interrogées soient disponibles. Pour les interviews, l’auteur, Jacques Denis, était bien évidement présent afin de poser les questions à son invité. Le plus compliqué fut, peut- être, de faire les jonctions / transitions d’un univers à l’autre, d’un jours à l’autre, avec le même figurant.

Quels sont pour vous les points forts et les points plus faibles de Punk Me ?

Ce qui est, pour moi, particulièrement fort dans ce projet est certainement la justesse de réalisation dans son accord fond-forme, accompagné d’une richesse musicale. Les différents niveaux de lecture me semblent également assez pertinents. On peut tout à fait passer d’une agréable ballade dans un Paris revisité, à un documentaire pointu sur le Punk aujourd’hui, vu par des figures de ce milieu (tant littéraires que musicales, pratiques que théoriques) en traversant une diversité d’approches et de regards sur ce mouvement. Mis à part quelques noms que je ne retrouve pas, mon seul regret reste de ne pas pouvoir faire ce test à plusieurs, comme un jeu vidéo multi-joueurs.

Avez-vous une idée du nombre de personnes qui ont été touchées par le documentaire ? Quels ont été les retours que vous avez reçus après sa sortie ?

Absolument pas ! Je vous laisse vous trourner vers narrative (narrative@contact.info) pour ces notions -à. La seule chose que je pourrais dire est qu’il a touché une grande diversité de spectateur grâce à ses modes de diffusion, mais aussi à la spécificité de son développement web, qui a notamment gagné un prix.

pic_t_1

JB Grasset est le cofondateur de l’agence Ultranoir. Sur le projet Punk Me, l’agence Ultranoir a assuré toute la partie développement, en apportant une touche graphique et des améliorations ergonomiques.

Lise Chargé : Quelles spécificités techniques pour le site ? Html5 ? Flash ?

JB Grasset : Html5

Combien de personnes ont travaillé à développer le site ? (Serait-il possible d’avoir le nom des personnes ayant participé au développement du site et leur spécialité)
4 personnes : Chef de projet, DA, deux intégrateurs HTML5

Combien de temps consacré au développement du site ?

3 mois.

Des consignes bien définies dès le départ sur la construction du site ? Comment avez-vous procédé afin de définir la charte graphique ?
Le boite de prod nous avait fourni un cahier d’intention.. des propositions de concepts. Pour la charte graphique, nous avions carte blanche … juste rester sobre et ne pas tomber dans les clichés du graphisme Punk.
Nous avons présenté deux tendances et une a été sélectionnée très rapidement avec très peu de retouches derrière.

Un travail en permanence suivi par les auteurs/ réalisateurs ?

Au début oui mais les temps de production d’un site sont assez longs donc il y a toujours une période de flottement.

Des difficultés rencontrées lors du processus de fabrication du site ?

Le site semble simple du premier point de vue mais il y a un système assez complexe derrière…
C’est en gros un QCM vidéo et la difficulté était de rendre le tout fluide en tant qu’expérience utilisateur.

Maintenant que le site est bouclé, des regrets, des bugs ou des améliorations que vous auriez aimé apporté ou une totale satisfaction du rendu ?

Il y a certainement des bugs car maintenant il y a un nombre incroyable de différents devices… mais impossible de tester sur tous..

Juste nous aurions aimé une version anglaise pour pouvoir internationaliser la communication de ce projet..

Le site n’est pas responsive, on ne peut pas consulter le web-documentaire sur smartphone. Est-ce une impossibilité technique ou bien un choix ?

En fait le Responsive n’est pas une technique magique. Si vous voulez créer une expérience comme celle ci qui marche sur mobile, c’est quasiment un autre projet et ce n’est pas très loin de doubler le budget… Qui lui était limité. De plus je pense que le mobile est fait pour consulter des formats très courts.. là on est sur une expérience qui est assez longue..

Enfin, quelle a été votre collaboration en termes de design ? Comment avez- vous travaillé avec les illustrateurs de Terreur Graphique ?

Il n’y a pas eu beaucoup d’échanges mais le but était de créer un contraste fort entre une interface assez « classe » et des dessins plus trash.

Ce qui est au final est assez proche du véritable esprit punk.