11 mai 2015

Killing Jesus: le scroll sacré

Célia Ramain Par Célia Ramain dans ****, Actualités, Documentaire interactif, Les Productions

Vous le savez, chez PressLab on aime bien les histoires et l’Histoire. Alors à ce sujet, nous vous faisons un petit récap’ de notre dernier coup de coeur, pour le site de ‘Killing Jesus’.

Un site longform autour du programme a été mis en ligne à l’occasion de la diffusion le 29 mars, de la mini série ‘Killing Jesus’ de Christopher Menaul sur National Geographic Channel. L’ histoire de Jésus est connue du grand public; il était donc assez pertinent de présenter une nouvelle façon de la raconter.

Concrètement, le site est à mi-chemin entre le longform classique dans son choix de fonctionner grâce au scroll et à la parallaxe; et le webdocumentaire dans son choix de proposer plusieurs navigations, par points de vue, et cela pour chaque scène représentant la vie et mort (et étrangement pas la résurrection) de Jésus. Au total, ces scènes, sont au nombre de 24: 3 points de vue proposés pour chacun des 8 chapitres: ‘The Birth’ /‘Boy or Messiah’ / ‘The Prophet’ / ‘The Tables Turn’ / ‘A Challenger’/ ‘The Last Supper’ / ‘Jesus on Trial’/ ‘Crucifixion’.

3 points de vue pour une approche historique plus précise

A la façon du classique Rashomon, plusieurs points de vue sont proposés pour un même événement: celui des Romains, celui de Jésus et de ses fidèles, et enfin celui des chefs religieux de Judée dont l’autorité se retrouve menacée par ce nouvel hérétique qu’est Jésus.
Chacun de ces points de vue est symbolisé par une couronne: couronne de lauriers pour les Romains, d’épines pour les Juifs et enfin une couronne perlée pour les Sanhedrin, chefs religieux de Judée. A la fin de chaque scène, est proposé à l’internaute de la rejouer  mais cette fois, des autres points de vue.
Au final, on peut passer des heures à parcourir toutes les scènes de tous les points de vue.

Une navigation fluide

Comme dans un webdocumentaire, la narration peut être interrompue par des éléments factuels et informatifs (dans ce cadre précis: historiques) disponibles dans une timeline, en bas; que l’internaute est libre d’afficher ou non. Mais si ce n’est ce choix de points de vues, le site est construit de façon linéaire. Face à un sujet historique, le respect chronologique est encore le choix de navigation le plus naturel.

Celle-ci est une navigation par scroll qui se fait de façon panoramique avec un assez bel effet de perspective permise par la parallaxe.

Une utilisation multimédia soignée

Les représentations des personnages sont les versions illustrées de la mini-série documentaire. Surprise: c’est un illustrateur français qui s’en est chargé: Bastien Lecouffe Deharme. Le travail qu’il a fourni est impressionnant, puisqu’il a réalisé 3080 illustrations faites à la main.

Outre ce travail visuel, le travail sonore mérite lui aussi que l’on s’y intéresse. Des sons d’ambiance jalonnent chaque scène, mais pas seulement, puisque certains des personnages ont une voix propre. (Mais certains seulement, ce qui rend l’ensemble assez frustrant).

En somme:

Les +: Travail visuel impressionnant, navigation fluide et intuitive, que ce soit sur la version mobile et sur la version web, et un intéressant travail de vulgarisation historique en mettant en lumière des points de vue différents et pas forcément très connus du grand public.
Les -: Un seul. Et minime. Mais l’ensemble du travail sonore aurait pu être plus cohérent (pourquoi seulement certains personnages ont une voix propre?)