9 juillet 2019

Apple News+, la fausse bonne idée

par Léa Corbin

Le 25 mars, le CEO d’Apple, Tim Cook, dévoilait deux nouveaux services lors d’une conférence : Apple TV+ et Apple News +. Le premier est un service de streaming, dont l’ambition et de concurrencer Netflix et Amazon qui dominent le marché du SVOD. Le deuxième, issu du rachat de Texture, n’est autre qu’un service de kiosque numérique, pour le moment uniquement disponible aux Etats-Unis et au Canada au prix de 9,99$ par mois. Ce Flipboard permet d’avoir accès à plus de 300 revues de presse, parmi lesquelles figurent des grandes titres tels que le Wall Street Journal. Pourtant, le New York Times et le Washington Post n’ont pas voulu rejoindre le service. 

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Un danger pour les éditeurs

Pour Mark Thompson, qui préside aujourd’hui la New York Times Company, laisser la carte blanche à des organismes externes pour diffuser des contenus de presse comporte un risque important pour les journalistes :

D’abord, cela entraine une perte de contrôle sur les articles partagés et implique que la ligne éditoriale du magazine n’est pas forcément respectée. Par ailleurs, Apple applique un taux de 30% sur le tarif des applications vendues dans l’App Store, et prélèverai jusqu’à 50% du revenu, ce qui n’est pas interessant pour les éditeurs. Le service ne permet pas non plus aux journalistes d’accéder aux données des abonnés, rendant la fidélisation difficile et les empêchant d’interagir avec leur lectorat. 

Au niveau éditorial, le mode de rémunération, qui favorise les articles les plus lus, pourrait également nuire à la qualité du journalisme. 

Enfin, le succès des plateformes numériques comme Apple News+ pourrait menacer l’avenir de la presse qui risque de perdre de précieux abonnés, puisque le service offre une grande variété de contenus à un prix intéressant et facilite l’accès à l’information en la regroupant sur une seule et unique plateforme.

« Nous avons tendance à être méfiant vis à vis de l’idée consistant à habituer nos lecteurs à trouver nos contenus ailleurs que chez nous », explique Mark Thomson à Reuters. « Nous sommes aussi inquiets que notre journalisme puisse puisse être mélangé avec celui des autres. »

Aussi, si le nouveau service d’Apple permet de diffuser les contenus à un plus grand nombre de lecteurs, il entraine néanmoins une perte d’indépendance pour les éditeurs. 

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