7 novembre 2019

À la loupe : un monde envahit par les robots

par Melissa Gajahi
Le monde sera t-il dominé par les robots demain ?

De toutes sortes et de toutes les tailles, les robots occupent progressivement notre planète et sont même arrivés jusqu’à Mars. Leur accroissement accompagne celui de leur intelligence. Des experts nous détaillent ce qui nous attend prochainement. 

À la veille des années 2000, les craintes sur le développement des nouvelles technologies nourrissaient bien des esprits. Des voitures volantes aux robots qui dominent le monde, les imaginations s’envolaient. Les films de science-fiction laissaient miroiter des civilisations ravagées par des robots destructeurs. En 1985 dans Terminator, James Cameron mettait en scène un cyborg venant d’un futur dominé par les machines. Mais depuis bien longtemps, le cinéma s’amuse à nous effrayer derrière nos écrans avec des scénarios rocambolesques. En 1926, dans le film Metropolis de Fritz Lang, une belle machine nommée Maria pousse des ouvriers à détruire leur propre ville. Quant est-il à présent ? À quoi ressemblera le film de science-fiction de demain ?

Les robots à la conquête du monde

Les machines colonisent notre quotidien. Les appareils ménagers et d’assistance s’invitent dans nos maisons et il n’est pas rare de croiser des automates à la place de réceptionnistes ou dans les usines. Les robots humanoïdes font fureur dans les entreprises. Ils automatisent les emplois, rendant obsolètes certains postes qui disparaissent. Si les pompistes ou les concierges n’existent quasiment plus, de nombreux secteurs sont de plus en plus touchés par la robotisation. Même si la faculté d’écriture marque depuis toujours une place majeure dans l’Histoire de l’humanité, les métiers dont elle est l’essence se perdent. Rédacteurs, secrétaires, greffiers ou encore comptables, l’intelligence humaine est de plus en plus troquée par l’artificielle. 

L’intelligence humaine est de plus en plus troquée par l’artificielle.

« Tout ce qui est pénible à faire, autant le laisser à une machine ! »   

L’omniprésence des machines ne fait pas peur à tout le monde. Pour Vincent Luauté, fondateur de l’association lyonnaise de robotique Machines Gones, l’avenir de la robotique renforcera les capacités humaines.  « Au lieu d’être un handicap, avoir une prothèse deviendra un atout. Avec ces nouvelles technologies, les possibilités sont décuplées. Je crois beaucoup au développement des exosquelettes. Le principe : une matière qui entoure les membres, un peu comme IronMan. Cela pourra aider les personnes âgées. Une fois que ce sera lancé et fiable, tout le monde en aura un. J’en suis persuadé . »

L’omniprésence des machines ne fait pas peur à tout le monde. Pour Vincent Luauté, fondateur de l’association lyonnaise de robotique Machine Gones, l’avenir de la robotique renforcera les capacités humaines.  « Au lieu d’être un handicap, avoir une prothèse deviendra un atout. Avec ces nouvelles technologies, les possibilités sont décuplées. Je crois beaucoup au développement des exosquelettes. Le principe : une matière qui entoure les membres, un peu comme IronMan. Cela pourra aider les personnes âgées. Une fois que ce sera lancé et fiable, tout le monde en aura un. J’en suis persuadé . »

Selon le professionnelleur expansion sera similaire à celle du smartphone. La machinisation de nombreux emplois est selon lui inévitable mais positive. « Ça ne m’inquiète pas plus que cela. Si nous sommes remplacés, cela nous dégagera du temps pour faire autre chose. Tout ce qui est pénible à faire, autant le laisser à une machine ! Par ailleurs, nous sommes confrontés à des performances qui nous dépassent. Ceci dit, c’est un peu comme la conquête de l’espace, il faut avoir les meilleurs ingénieurs pour avoir les meilleurs robots. »

« L’intelligence artificielle va entrainer la création de nouveaux métiers que nous n’anticipons pas encore. »

Certains experts pensent même que l’omniprésence des machines sera synonyme de création d’emplois et pas seulement du contraire. C’est ce qu’évoque Paul Daugherty, responsable de la technologie et de l’innovation du cabinet Accenture et auteur du livre Human + Machines, lors d’une interview accordée à Les Echos : « Les gens surestiment le nombre d’emplois qui seront perdus, et sous-estiment ceux qui seront créés. Les entreprises changent en permanence ; elles font évoluer leur façon de travailler pour créer de la valeur, lancer de nouvelles offres… L’intelligence artificielle (IA) va permettre d’automatiser certaines tâches, mais elle va surtout permettre aux employés de faire de nouvelles choses. Cela va entrainer la création de nouveaux métiers que nous n’anticipons pas encore ! »

La robotique sans éthique peut être dangereuse

La vision positive de certains experts se heurte à celle de ceux qui soulèvent la question des risques du développement des robots et de sa présence croissante dans nos vies. Si leur présence dans le monde du travail grandit, c’est aussi le cas dans la sphère sociale. Outre les algorithmes omniprésents, certains faits tendraient presque à se rapprocher des appréhensions du siècle dernier. Les machines se profilant à l’égal de l’homme et bénéficiant des mêmes droits émergent bel et bien. Ainsi, en octobre 2017, l’Arabie saoudite accorde la citoyenneté à un individu spécial : Sophia, un robot humanoïde à taille humaine et aux mimiques faciales plus que réalistes.

Une première mondiale qui suscite de nombreuses réactions. « Le robot Sophia, c’est l’exemple même de la machine qui laisse croire qu’elle est une personne et fait semblant d’avoir des émotions, un discours, alors qu’on sait très bien que c’est enregistré, s’indigne Nathalie NEVEJANS, membre du CNRS et auteure du livre « Traité de droit et d’éthique de la robotique civile ». Le public risque de croire qu’elle ressent vraiment des sentiments. Il faut qu’on garde la maîtrise et le contrôle sur l’outil. » Selon l’experte, un problème éthique prime dans nos futures interactions avec les robots. « L’avenir ne pourra pas se faire sans aborder la question d’éthique. Si on considère que ce n’est pas un sujet essentiel, on va perdre le contrôle face aux intelligences artificielles.  Ces machines pourraient ensuite s’immiscer dans nos vies. C’est maintenant qu’on doit travailler sur ces questions.»

Un problème éthique prime dans nos futures interactions avec les robots.

Parallèlement, le Parlement européen alerte du danger des robots tueurs  « avant qu’il ne soit trop tard. Les armes autonomes soulèvent des questions fondamentales en termes de contrôle humain ».  En septembre 2018, la motion sur l’interdiction des systèmes d’armes autonomes a été adoptée à l’écrasante majorité. Nous avons peut-être évité de justesse la concrétisation d’un funeste film de science-fiction.

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